2.1. Historique et portrait de la production

La préparation du programme de lutte biologique et intégrée implique la connaissance de plusieurs paramètres de la production précédente. La connaissance de cet historique permettra de mieux planifier les introductions d’auxiliaires (espèces, doses, dates, etc.). De plus, la production future possède des éléments qui peuvent influencer le programme de lutte biologique et intégrée.

Afin d’augmenter les chances de succès d’un premier essai en lutte biologique et intégrée, il est recommandé de débuter sur une petite superficie, par exemple, dans une seule serre individuelle. Le producteur doit donc choisir à l’avance l’endroit dans la production où sera démarré le programme de lutte intégrée. Cette façon de faire permettra d’acquérir les connaissances de base et de pouvoir ensuite les appliquer à plus grande échelle. Ceci permettra également de réduire les risques de pertes de contrôle des ravageurs étant donné que l’essai sera confiné à une seule serre

La culture précédente

Connaître la production précédente dans la serre sert à identifier les problématiques qu’on y retrouve le plus fréquemment. Par exemple, si la culture précédente était le chrysanthème d’automne, il est possible que des populations de thrips aient été présentes. Ce ravageur devra être davantage surveillé lors de la prochaine production et donc, être considéré dans la planification du programme de lutte intégrée.

Les ravageurs dépistés

Une connaissance et une identification adéquate des ravageurs qui ont été, sont ou qui sont susceptibles d’être présents dans la serre est essentielle au bon fonctionnement de la lutte biologique et intégrée. La plupart des auxiliaires utilisés en lutte biologique ne contrôlent qu’un ou quelques ravageurs. Si les ravageurs ne sont pas correctement identifiés, le manque de contrôle par les auxiliaires introduits peut mener à des conclusions incorrectes face à l’efficacité de la lutte biologique. Une bonne connaissance du cycle de vie des ravageurs et de l’effet des conditions environnementales sur leurs activités est aussi nécessaire.

Les rapports de dépistage de la précédente production contribuent à connaître les ravageurs qui ont été réellement présents. Cette connaissance aide le producteur à prévoir et/ou anticiper les problématiques potentielles dans la prochaine production. Le niveau de précision de l’information présente dans les registres aura un effet sur le niveau de connaissance de l’historique des ravageurs. Les registres comprennent :

  • L’identification des ravageurs;
  • Les niveaux de populations;
  • Leur évolution dans le temps;
  • Leur localisation dans la serre;
  • Les végétaux les plus atteints;
  • Etc.

Ces informations peuvent également aider à identifier une source d’infestation dans la serre. Le chapitre 4 détaille les informations nécessaires à la connaissance et à l’identification des principaux ravageurs de serre.

Les pesticides appliqués

Les registres d’application de pesticides serviront à connaître les risques de présence de résidus toxiques sur les tables, les structures, les recouvrements, etc. Les agents biologiques sont particulièrement sensibles aux résidus de pesticides, même en faibles concentrations. Il est préférable de vérifier quels pesticides ont été appliqués six mois avant la mise en place du programme de lutte biologique et intégrée. Des tableaux d’effets secondaires et de persistance des produits phytosanitaires peuvent être disponibles chez les fournisseurs de produits de lutte intégrée tel que Koppert Canada et Biobest, ainsi qu’à travers des sites internet sur la lutte biologique (koppert.com, appliedbio-nomics.com, biobestgroup.com, biolineapp.com). De plus, les pesticides appliqués précédemment dans les serres ainsi que les traitements phytosanitaires qu’ont reçus les plantes provenant de fournisseurs externes doivent être connus car ces résidus peuvent compromettre la survie des auxiliaires. Il est donc recommandé de demander aux fournisseurs quels ont été les produits appliqués sur ces végétaux.

Le choix d’espèces et cultivars plus résistants aux ravageurs

En sachant quels sont les ravageurs qui s’attaquent habituellement à la culture prévue, il sera possible d’établir une planification efficace. Certains producteurs choisissent d’éliminer de leur culture les espèces ou variétés pour lesquels les problèmes d’insectes et de maladies sont récurrents.

Les conditions environnementales

Le climat de la serre varie selon le type de végétaux en production. Les températures et les taux d’humidité relative ont également un effet très important sur la viabilité des auxiliaires. La connaissance de ces données aura un effet sur le choix des auxiliaires. Certains ne survivent qu’à des taux d’humidité élevés, d’autres entreront en diapause si les températures sont trop basses, etc. Il est donc essentiel de connaître les conditions ambiantes (températures jour-nuit, humidité, ventilation, quantité et qualité de lumière, type de chauffage, etc.) pour maximiser le taux de survie des différents auxiliaires. Les systèmes de contrôle de l’environnement peuvent être utilisés pour compiler les données et estimer les cycles de vie des ravageurs et/ou auxiliaires.

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