4.6. Tarsonèmes

Tarsonème trapu [Galerie photos]
(Polyphagotarsonemus latus)

Il est possible de retrouver surtout deux espèces de tarsonèmes dans les serres mais celui qui a été le plus communément dépisté dans les dernières années est le tarsonème trapu. Ce dernier est un acarien minuscule qui, malgré sa petite taille, peut causer des dommages très importants à une grande variété de cultures en serre. Cet acarien provient des régions tropicales. Les symptômes causés par le tarsonème trapu s’apparentent fortement à ceux occasionnés par le tarsonème du fraisier aussi appelé mite du cyclamen (Phytonemus pallidus)

Description

Les oeufs d’environ 0,08 mm de long sont ovales. La femelle adulte semble translucide et mesure moins de 0,2 mm de long et est en forme de ballon de football. Les mâles sont plus petits (0,1 mm). Les adultes possèdent 4 paires de pattes tandis que les larves en ont trois paires.

Cycle vital

Les oeufs sont déposés dans les bourgeons terminaux, les nervures ou dans les crevasses. Une larve émerge 2 à 3 jours après la ponte et commence à se nourrir. Elle se déplace sur une faible distance. Après 2 à 3 jours, la larve se transforme en pupe et devient inactive. Il en sortira un adulte. Le mâle vit 5 à 11 jours et la femelle, de 8 à 15 jours. Le tarsonème se plaît à une humidité de 70 à 90 % et à des températures fraîches. Au cours de sa vie, la femelle peut pondre de 30 à 76 oeufs. La vitesse du cycle vital est d’environ 15 jours d’oeuf à adulte à 15 °C et environ 4 jours à 25 °C. Cet acarien n’hiberne pas dans les structures de serre.

Dommages

Les tarsonèmes trapus injectent de la salive toxique dans les tissus de l’épiderme de la plante, ce qui cause des malformations aux feuilles. La survie de la plante peut être compromise. Au début, seuls quelques plants présentent des symptômes puis à mesure que la population progresse, le nombre de plants touchés augmente. Les points de croissance sont rabougris ou meurent. Les feuilles sont souvent roussies ou liégeuses.

Dispersion dans la culture

Les adultes sont très actifs et se déplacent à la surface inférieure des feuilles. On les retrouve également dans les fleurs, le long des nervures et près des bourgeons. Malgré sa petite taille, il peut se déplacer rapidement en marchant. Le vent, les courants d’air et les travailleurs peuvent les entraîner sur de bonnes distances dans les serres.

Dépistage

En raison de sa taille minuscule, la présence du tarsonème trapu est très difficile à détecter avant l’apparition de symptômes. L’examen des pousses terminales des plantes sous la loupe binoculaire peut permettre de le détecter. Même lorsque les symptômes sont visibles, il faut être très attentif pour observer les adultes à la loupe de 15X.

Prévention

Les tarsonèmes trapus ne survivent pas à l’hiver. Contrairement aux tétranyques à deux points, ils n’entrent pas en diapause et ne peuvent hiberner sur les structures de serre. Ils demeurent actifs tant que la serre est chauffée. En serre, ils dépendent du matériel végétal pour leur survie. Il est important de bien examiner les cultures dès les premiers signes d’infestation. Tout comme le tarsonème trapu, la mite du cyclamen attaque un grand nombre de cultures en serre. La mite du cyclamen est difficile à distinguer du tarsonème trapu et les symptômes se ressemblent. Sous notre climat, elle s’attaque également aux plantes vivaces à l’extérieur et hiberne au stade adulte.

Dommages de tarsonèmes sur lierre

Dommages de tarsonèmes sur Impatiens sp.

Formation de liège sur Begonia sp.

Dommages de tarsonèmes sur Ipomoea sp.

© 2017 IQDHO. Tous droits réservés - Il est interdit de reproduire, enregistrer ou diffuser un extrait de l’information contenu sur ce site, sous quelque forme ou par
quelque procédé que ce soit, électronique, mécanique, photographique, sonore, magnétique ou autre, sans avoir obtenu au préalable l’autorisation écrite de l’institut.
Conception Web : SH Web Créations