6.1. Préparation du programme de lutte biologique et intégrée

Un programme de lutte biologique et intégrée doit être planifié bien avant la mise en culture. Ceci s’explique, entre autres, par les étapes précédant la mise en place du programme. Par exemple, pour une production de poinsettias, le programme devrait être établi à la fin du printemps vers les mois de mai-juin.

L’établissement de ce programme requerra quelques étapes. Toutes ces étapes sont essentielles mais la réalisation de celles-ci diffère d’une entreprise à l’autre puisqu’elles ont chacune leur façon de faire et des conditions de production qui leur sont propres.

La planification d’un programme de lutte biologique et intégrée sert, entre autres, à prévoir l’introduction d’auxiliaires (types, doses, répétitions) et à dresser la liste des pesticides à utiliser au besoin. Dans cette planification, on doit prévoir :

  • Les auxiliaires à acheter en fonction de l’historique des problèmes :
    • Quantités de chacun selon les superficies et les volumes de production, ainsi que les types de formats;
  • Les moments d’introduction prévus par rapport aux arrivages de végétaux et du développement des cultures;
  • Les méthodes d’introduction en fonction des auxiliaires choisis et des types de cultures.

Pour répondre à ces questions et établir le programme d’introduction, voici les éléments à identifier.

Les seuils ou les moments d’intervention

Connaître les seuils de tolérance des ravageurs peut aider, dans le plan d’intervention, à savoir quand réagir, quand introduire. Il est recommandé de débuter les introductions d’auxiliaires aux premiers signes d’infestation. Certains auxiliaires peuvent être introduits en prévention lorsqu’il est probable qu’un type de ravageur apparaisse. Par exemple, en début de production des chrysanthèmes d’automne, où les thrips sont fréquemment dépistés, il est possible d’introduire des sachets d’acariens prédateurs qui se libéreront sur plusieurs semaines. Ces seuils d’intervention dépendent de plusieurs facteurs. Il est donc difficile de les chiffrer. Ces facteurs sont :

Le type de ravageur

Certains ravageurs créent des dommages culturaux plus importants que d’autres. Par exemple, les mouches de terreaux peuvent généralement être tolérées en plus grand nombre que les pucerons ou les tarsonèmes.

Le calendrier de production

Les seuils de tolérance des ravageurs varient selon le moment de leur apparition. Par exemple, une population d’aleurodes en début de production de plantes annuelles sera beaucoup moins tolérée que si des aleurodes apparaissent peu avant la vente des végétaux puisque les risques de dommages sur les plantes sont réduits.

Le type de production

Le type de production influence les seuils d’intervention. Par exemple, la présence de thrips dans une production de chrysanthèmes d’automne est difficilement tolérable puisqu’ils font des dommages importants sur les fleurs. Cependant, dans une production de poinsettias, leurs dommages sont moins importants, bien que la population doive être suivie de près. Les seuils d’intervention seront aussi influencés par le genre de production de l’entreprise, par exemple, s’il s’agit d’entreprises de multiplication de végétaux ou plutôt de finition de plants. La première aura une tolérance aux ravageurs beaucoup plus faible que la deuxième puisqu’elle est au début de la chaîne de production.

La tolérance des acheteurs

Les acheteurs ne tolèrent souvent aucun insecte, bon ou mauvais, de telle sorte qu’un traitement de dernière minute avec un pesticide peut être nécessaire avant la livraison dans certains cas. Il y aura certainement un travail de sensibilisation et d’explication de la démarche de protection biologique intégrée à faire auprès de ces acheteurs, entre autres, par la reconnaissance des insectes bénéfiques présents sur les plants.

Le choix de l’auxiliaire et du format

Lorsque le ravageur à contrôler est identifié, il est alors temps de faire le choix des auxiliaires qui pourront être introduits. Rappelez-vous qu’il est généralement conseillé de débuter par la lutte sur une petite superficie, comme dans une serre individuelle, où il est possible de viser le contrôle de plusieurs ravageurs. Il serait difficile d’envisager le démarrage de la lutte biologique et intégrée sur une plus grande superficie mais en ne visant qu’un seul ravageur puisque d’autres ravageurs risquent d’être présents.

Une description de chaque auxiliaire est présentée au chapitre 5 ainsi qu’un tableau d’introduction des auxiliaires [Excel] qui rassemble la majorité des informations que l’on retrouve sur les sites internet des fournisseurs. Pour faire le choix des auxiliaires, consulter ces sections.

Les auxiliaires sont disponibles en différents formats et différentes quantités. Leur choix dépendra de la culture et du niveau d’infestation. Consulter la section 5.3 sur les formats de vente des auxiliaires.

Les taux d’introduction

Les doses dépendent évidemment des niveaux d’infestation. Pour chaque auxiliaire, on recommande généralement une dose faible (préventive), une dose moyenne (curative faible) et une dose forte (curative forte) à appliquer sur les foyers d’infestation. La quantité à introduire varie aussi en fonction du type d’auxiliaires. Certains, comme les guêpes parasitoïdes peuvent se déplacer dans la culture, en volant. Leur taux d’introduction est généralement plus bas que les acariens par exemple, qui eux, ne peuvent pas voler et doivent être appliqués sur chaque plant.

Les informations sur les doses à utiliser sont disponibles dans le tableau d’introduction des auxiliaires [Excel] ainsi que dans les fiches d’auxiliaires fournies par les différents fournisseurs présentées au chapitre 5.

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