6.3. Vérification de la viabilité des arrivages

Les fournisseurs d’auxiliaires prennent les précautions nécessaires et ont des méthodes de livraison [Photo] adaptées afin que les auxiliaires se rendent à destination en bonne condition. Cependant, puisqu’il s’agit d’organismes vivants, il est important de vérifier leur viabilité à leur arrivage. Si les organismes sont en mauvais état à leur arrivée, il faut le savoir rapidement afin d’en informer le fournisseur et surtout de pouvoir passer de nouveau une commande et ainsi recevoir d’autres auxiliaires dès que possible. L’application d’auxiliaires ayant un taux de mortalité élevé peut avoir un impact négatif considérable sur la lutte biologique et intégrée. Les populations de ravageurs peuvent augmenter rapidement. Le temps de réaliser que le travail des auxiliaires n’a pas été fait, additionné aux délais de commande et de livraison peut engendrer une perte de contrôle.

Il est utile d’être muni d’une loupe ou d’une loupe binoculaire, de petits contenants de plastique transparent ou sacs de plastique, de pinces à dissection d’insecte et d’un pinceau très fin. Voici quelques méthodes permettant de vérifier la viabilité des arrivages de différents auxiliaires.

Pour tous les types d’auxiliaires, il est recommandé de vérifier, dès leur arrivée, la date de péremption sur le format de livraison.

Les auxiliaires volants, en vrac (contenant)

Ils peuvent être disponibles dans des fioles transparentes ou en bouteille. Les adultes vivants sont faciles à reconnaître puisqu’ils se déplacent ou volent à l’intérieur du contenant. Il est possible que quelques adultes soient pris sur les rebords des contenants à cause de la condensation mais ce nombre doit être minime. Pour faire le décompte des individus vivants versus les individus morts, une petite quantité d’auxiliaires peut être relâchée dans un petit contenant pour les compter. Ensuite, ils doivent être relâchés dans la culture le plus rapidement possible étant donné qu’ils n’ont pas de nourriture dans la fiole.

Pour les Hippodamia convergens [Photo] c’est sous le stade adulte que ces coccinelles sont distribuées. Elles sont transportées dans un petit sac de jute ou dans un contenant avec un matériel de support comme du bran de scie. Lorsqu’elles sont en bon état, les coccinelles bougent assez activement dès leur arrivée. Il ne doit pas y avoir d’odeur nauséabonde.

Les punaises auxiliaires Orius insidiosus [Photo] peuvent être disponibles au stade adulte ou nymphe dans une fiole ou une bouteille avec support d’écailles de sarrasin ou de vermiculite. Puisqu’ils sont moins actifs à des températures fraîches, il est préférable de les placer dans un endroit plus chaud (comme sous une lampe) avant de faire l’observation de la viabilité. Placer le contenu de la bouteille dans un contenant transparent et observer l’activité à l’aide d’une loupe ou d’une loupe binoculaire.

Les coléoptères Atheta coriaria [Vidéo] sont distribués au stade adulte dans une fiole ou une bouteille. Il est très facile d’évaluer leur viabilité puisque les adultes sont de bonne taille et ils bougent rapidement. En les observant, il ne devrait pas y avoir plus que quelques adultes non viables.

Les auxiliaires comme Eretmocerus sp. [Photo], Encarsia formosa, Dacnusa sibirica et Diglyphus isaea sont disponibles au stade adulte contenus dans une fiole. Les adultes s’envoleront en ouvrant le contenant. Très peu d’individus non viables doivent être retrouvés dans le contenant.

Les pupes en vrac (contenant)

Pour tous ces auxiliaires qui sont sous forme de momies, il ne devrait y avoir que très peu d’adultes déjà éclos dans les contenants. Pour connaître la viabilité, placer quelques momies de pucerons parasités par Aphidius sp. [Vidéo], Aphelinus sp. [Photo], de pupes d’Aphidoletes aphidimyza [Photo], de pupes d’aleurodes parasités par Encarsia formosa [Photo] ou Eretmocerus sp. [Photo], etc. dans un contenant transparent ou un sac de plastique gonflé d’air, assez grand et placé dans un endroit tempéré, à l’abri des rayons directs du soleil. Vérifier pendant quelques jours s’il y a émergence des adultes. Le sac de plastique ne doit pas être gonflé avec l’air de la respiration humaine. Il doit y avoir très peu d’auxiliaires déjà au stade adulte dans le contenant.

Les pupes collées sur des cartes

Certains auxiliaires sont distribués sous forme de pupes parasitées collées sur des cartes à suspendre. C’est le cas pour Encarsia formosa et pour Eretmocerus sp. Le nombre de pupes présentes dans les écailles noires collées aux cartons ne représentent pas la viabilité. Certains adultes n’émergeront jamais des pupes à cause des stress de transport. On doit placer un carton dans un contenant transparent [Photo], à l’abri des rayons directs du soleil, dans un endroit tempéré et vérifier l’émergence des adultes pendant quelques jours.

Les larves ou nymphes, en vrac (contenant)

Dans ce format, nous retrouvons les larves de chrysopes [Photo] livrées dans une fiole avec un support d’akènes de sarrasin ainsi que les Orius mélangés au support d’écailles de sarrasin ou de vermiculite. Pour valider la viabilité des nymphes, placer une petite quantité dans un contenant de plastique transparent et vérifier l’apparition des adultes dans les jours suivants. Puisque les punaises Orius sont moins actives à des températures fraîches, il est préférable de les placer dans un endroit plus chaud (comme sous une lampe) avant de faire l’observation de la viabilité. Placer le contenu de la fiole dans un contenant transparent pour observer l’activité à l’aide d’une loupe ou d’une loupe binoculaire.

Les acariens prédateurs en vrac (contenant)

Lorsqu’ils sont livrés dans une fiole ou une bouteille, le support est généralement de la vermiculite [Photo]. C’est le cas pour Phytoseiulus persimilis, Amblyseius cucumeris, A. californicus, A. fallacis, A. swirskii et A. andersoni. Pour ce qui est des Hypoaspis spp., ils peuvent être combinés à de la tourbe.

Dans certains formats de vente, A. cucumeris, A. californicus et A. swirskii, en plus de la vermiculite, peuvent aussi être combinés avec un support de son et un autre acarien, Tyrophagus sp. [Photo]. Il s’agit d’un acarien plus dodu que ces trois prédateurs, de couleur beige mais avec des pattes de couleur rosée. Il se déplace plus lentement et de longs poils sur le corps permettent de le différencier facilement. Cet acarien se nourrit du son et sert à l’alimentation des acariens prédateurs pendant le transport. Lors de l’observation de la viabilité des auxiliaires, il ne faut pas les confondre avec Tyrophagus sp.

Pour tester leur viabilité, une petite quantité du produit peut être placée sur une feuille blanche [Photo] afin d’en observer le contenu avec une loupe ou une loupe binoculaire. On pourra ainsi voir les petits acariens de couleur beige qui devraient se déplacer rapidement. Les P. persimilis sont plutôt de couleur rougeâtre et les Hypoaspis spp. de couleur brunâtre. Pour étendre la vermiculite, il est préférable d’utiliser un pinceau fin pour ne pas abîmer les auxiliaires. On peut aussi voir les petits acariens se promener sur le rebord du contenant [Vidéo] ou à l’intérieur du bouchon [Photo] de la bouteille. Si le contenu présente une odeur d’ammoniaque, les auxiliaires ne seront pas de bonne qualité.

Les acariens prédateurs en sachet

Lorsque les acariens sont livrés en sachets, l’un d’entre eux peut être ouvert afin de déposer le contenu sur une feuille blanche. Observez les auxiliaires à l’aide d’une loupe ou d’une loupe binoculaire; les acariens doivent se déplacer rapidement. Il est parfois possible de voir les acariens qui sortent du petit trou des sachets dès leur arrivée ou en ouvrant un sachet [Galerie photos]. Les sachets ne doivent pas arriver mouillés, ni sentir l’ammoniaque ou la levure.

Les acariens prédateurs sur feuilles d’haricot

Les Phytoseilus persimilis et A. fallacis peuvent être livrés sur un support de feuilles d’haricot [Photo]. Ces dernières peuvent être inspectées à l’aide d’une loupe afin d’y observer les acariens qui se déplacent rapidement ou la présence d’oeufs (plus difficile à observer). On les trouve également sur des feuilles qui ont des tétranyques et qui servent de nourriture aux prédateurs.

Gel

Les nématodes, Steinernema feltiae [Photo] ne sont pas visibles à l’oeil nu. Il est donc nécessaire d’avoir une loupe ou une loupe binoculaire pour tester leur viabilité. Pour collecter les nématodes, tremper le bout d’une aiguille dans la masse de nématodes puis tremper ce même embout dans une goutte d’eau préalablement salée de quelques grains de sel. Attendre quelques minutes. Observer les nématodes à la loupe binoculaire. Les nématodes vivants seront tordus tandis que les nématodes morts seront droits. Il est aussi possible de laisser une petite quantité de gel dans le sac [Photo] de livraison et d’y ajouter très peu d’eau. Lorsque le contenu est observé avec une loupe à travers la lumière [Photo], les nématodes sont visibles et on peut même les voir bouger [Vidéo]. Comme les nématodes peuvent se conserver plusieurs semaines, il est toujours important de bien les entreposer et de vérifier la date de péremption.

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