6.4. Les différentes techniques de lâcher

Plusieurs éléments doivent être pris en considération pour décider des techniques de lâcher à utiliser, comme le taux d’introduction, le type d’auxiliaire, les méthodes d’irrigation, le nombre de lâchers, la fréquence, la localisation dans la serre, etc. Les introductions doivent être assez importantes pour assurer un contrôle rapide et efficace mais d’une quantité raisonnable en considérant le coût de l’achat. Elles doivent donc être synchronisées avec la présence ou l’augmentation de la population du ravageur ciblé. Le taux d’introduction est variable selon de nombreux facteurs (seuil de tolérance, type et densité des cultures, conditions environnementales, etc.) et doit être établi selon les fiches techniques de ces différents auxiliaires (voir aussi Tableau des auxiliaires [Excel] au chapitre 5).

Pour s’assurer que les auxiliaires soient efficaces dès leur lâcher, il faut leur fournir les meilleures conditions environnementales. C’est pourquoi les lâchers sont préférablement faits tôt le matin ou en fin de journée lorsque les conditions dans la serre sont fraîches et à un moment de l’année compatible au cycle de vie de l’auxiliaire. On doit absolument éviter les introductions en plein soleil.

Il est recommandé d’effectuer les introductions le plus rapidement possible suite à la réception des auxiliaires. En attente d’être relâchés dans la culture, certains auxiliaires doivent être conservés à la température de la pièce (21 °C) : Amblyseius cucumeris, Hypoaspis miles, Aphidoletes aphidimyza, Cryptoleamus montrouzieri, Leptomastix sp, Lindorus sp, etc. Les autres sont habituellement conservés au frais (10 °C ou 4-5 °C). Ces informations sont inscrites sur les contenants.

Une humidité relative d’au moins 70 % est dans la plupart des cas préférable lors de l’introduction. Les auxiliaires reçus ont voyagé un certain temps dans une boîte, dans des conditions parfois difficiles et ont souvent besoin de s’abreuver lors du lâcher avant de pouvoir se déplacer.

La brumisation légère du feuillage avant la dispersion des auxiliaires est souvent recommandée, surtout dans le cas des acariens prédateurs, P.persimilis entre autres.

Pour les auxiliaires volants, il est préférable de ne pas introduire près des pièges jaunes, pour éviter qu’ils s’y collent dès leur introduction.

Voici différentes techniques de lâchers :

1. Saupoudrage [Galerie photos]

  • Saupoudrer le contenu du contenant au-dessus de la culture;
  • Utiliser dans les cultures où les plants se touchent;
  • Saupoudrer davantage de produit dans les zones où les infestations sont plus importantes;
  • Utiliser avec des auxiliaires qui volent ou non;
  • Contient aussi un support pour aider à l’uniformité de l’application (vermiculite, mousse de tourbe, etc.);
  • Permet une introduction rapide;
  • Avant de saupoudrer, tourner doucement la bouteille à l’horizontale pour répartir uniformément les auxiliaires dans la bouteille. Répéter quelques fois cette opération durant le saupoudrage;
  • Le contenant ne doit pas être brassé trop fort, sinon les auxiliaires présents à l’intérieur risquent d’être endommagés;
  • Exemples : Amblyseius, Phytoseiulus persimilis.

2. Piles [Galerie photos]

  • Distribuer le produit en piles (petits tas), à l’aide d’une cuillère à mesurer, sur le dessus du substrat;
  • Dans les cultures où les plants ne se touchent pas, chaque pot doit avoir une pile (ex : paniers suspendus)
  • Dans les cultures qui se touchent, par exemple dans les plateaux de boutures, les piles sont mises ici et là en respectant la dose
  • Faire attention lors des arrosages manuels pour ne pas défaire les piles;
  • Utiliser généralement avec les systèmes d’irrigation goutte-à-goutte;
  • Ces piles sont appelées piles d’élevage puisqu’elles permettent à l’auxiliaire de s’y reproduire et d’avoir une réserve de nourriture dans la pile pendant son établissement, lorsque peu de ravageurs sont présents;
  • Exemples : Amblyseius cucumeris et Atheta.

3. Sachets [Galerie photos]

  • Utiliser lorsque les populations de ravageurs sont faibles;
  • Utiliser dans les cultures où les plants se touchent, ou sinon, chaque pot doit avoir un sachet (ex : paniers suspendus);
  • Utiliser avec des auxiliaires qui ne volent pas;
  • Placer les sachets sous le feuillage afin qu’ils soient à l’abri des rayons directs du soleil et des jets d’arrosage;
  • Les sachets sont considérés comme une technique de lâcher à libération lente;
  • Permet aux auxiliaires d’avoir accès à de la nourriture dans le sachet et de s’y reproduire. Un sachet peut fournir plusieurs fois la quantité d’auxiliaires qui s’y trouvait au départ;
  • Les auxiliaires sortent du sachet par un petit trou pour se disperser dans la culture;
  • Exemple : Amblyseius sp.

4. Cartes [Galerie photos]

  • Utiliser lorsque les populations de ravageurs sont faibles ou en prévention;
  • Les auxiliaires présents sur les cartes sont des insectes volants. Ils peuvent donc être utilisés dans les cultures qui ne se touchent pas et dans ce cas, chaque pot n’a pas à recevoir un carte;
  • Placer les cartes sous le feuillage afin qu’elles soient à l’abri des rayons directs du soleil et des jets d’arrosage;
  • Les cartes sont engluées d’oeufs parasités par l’auxiliaire ou engluées d’oeufs de l’auxiliaire;
  • Les auxiliaires émergent des oeufs et se dispersent par la suite dans la culture;
  • Considérées comme une technique de lâcher à libération lente;
  • Exemples : Encarsia, Eretmocerus.

5. Gel [Galerie photos]

  • Utiliser généralement pour l’application des nématodes;
  • Mélanger le contenu du sachet avec l’eau pour former une suspension liquide à pulvériser sur la culture;
  • Éviter le ruissellement sur le feuillage pour garder les nématodes sur le feuillage;
  • Il est possible de tremper les plateaux [Vidéo] de boutures ou de semis dans la solution;
  • Exemple : Steinernema feltiae

6. Boîtes de carton [Galerie photos]

Certains auxiliaires peuvent être introduits dans de petites boîtes de carton qui elles, sont suspendues dans la culture. Elles sont surtout utilisées lorsqu’il n’y a pas possibilité d’introduire les auxiliaires sur le feuillage, soit parce que ce dernier est absent ou qu’il est trop petit. Parmi les auxiliaires qui peuvent être introduits avec cette méthode, nous retrouvons Aphidius sp., Aphelinus abdominalis, Dacnusa sibirica, Diglyphus isaea, Orius sp., Encarsia formosa en vrac, Eretmocerus sp. en vrac, etc.

Lors des lâchers, il est possible d’introduire les auxiliaires sur des plantes-réservoirs [Galerie photos]. Ces plantes sont généralement attirantes pour un ou des ravageurs. Les plantes-réservoirs encouragent les auxiliaires à s’y reproduire et à y rester. Ceci s’explique par le fait qu’elles offrent une source de nourriture, soit par les ravageurs qui y sont attirés (les proies) ou par le pollen qu’elles produisent. Elles offrent un habitat propice à la reproduction des auxiliaires et permettent d’avoir des auxiliaires en permanence dans la culture. Un exemple de plante-réservoir est le piment ‘Black Pearl’ [Photo] qui est attractif pour les thrips et qui produit du pollen. Il est possible d’y introduire des Orius sp.
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